« Bon normalement j’ai pas le droit de te poser cette question mais je le fais quand même. »

7 décembre 2018

Toi aussi quand tu as passé des entretiens on t’a posé des questions de merde ? demandé si tu voulais des enfants ? Alors je pense que cet article va t’intéresser…

Coucouuuu !
J’espère que ça va bieeeennnnn !

Je reviens aujourd’hui avec un article un peu spécial. J’ai souhaité donner la parole à une amie qui a vécu une situation bien houleuse lors d’un entretien professionnel. Comme elle n’a pas de blog mais que ce message DOIT être entendu pour y mettre un terme une bonne fois pour toutes, j’ai choisi de faire un copié-collé de son récit.

Pour éviter de la mettre dans l’embarras, elle m’a expressément demandé de ne pas citer son prénom. Je la comprends. Et en même temps, je me dis PUTAIN DE MERDE. C’est pas à NOUS, les femmes, d’avoir PEUR de dénoncer. Sauf que voilà… ça se saura, ça se répètera, et elle passera pour la nana qui dit haut et fort ce qu’on pense tout bas et qu’on n’avoue pas parce que… ben faut bosser, alors on accepte le châtiment parce qu’on a des factures à payer.

Un entretien bien pourri…

 » J’suis actuellement à la recherche d’un nouvel emploi. Ça va faire 4/5 ans que je gravite dans le milieu de la communication et des médias à Strasbourg. Un milieu qui se veut « fancy » et open. J’ai récemment postulé sur un poste de Chef de Projet en agence. J’ai eu un premier entretien de 2 heures qui s’est hyper bien passé. Le courant passait, les questions étaient pertinentes, l’équipe cool, les valeurs de l’agence en parfaite adéquation avec les miennes. Honnêtement, je m’y voyais déjà !

Je pensais avoir fait bonne impression et j’attendais alors impatiemment leur retour. Deux semaines plus tard j’ai reçu un mail de l’agence qui me confirme que je faisais partie des favoris et que je recevrai très rapidement un retour concret. Finalement on m’a rappelé 3 semaines plus tard pour me demander de revenir parce que l’équipe hésitait avec une autre nana. J’ai très vite pris rendez-vous avec le patron de l’agence, j’y suis allée confiante, je sais ce que je vaux.

Le jour J arrive, je m’installe dans la salle de réunion et j’attends le Grand Chef. Il est tout de suite extrêmement rassurant et me dit que le choix est quasi fait : je suis, d’après lui, beaucoup plus mature professionnellement que ma concurrente. La discussion s’enchaîne, et là arrive le(s) moment(s) gênant(s).

Le boss me dit : « Bon normalement j’ai pas le droit de te poser cette question mais je le fais quand même. Quelle est ta situation familiale? Es-tu mariée? As-tu des enfants? Est-ce dans tes projets?« . Sur le moment j’suis un peu sur le cul, mais je finis par lui répondre parce que j’tiens à ce poste et que j’ai envie de faire bonne impression.
Puis deuxième question qui me gêne peut-être encore plus : « Je vois que tu as un piercing au dessus de la lèvre, tu serais d’accord pour l’enlever pendant tes rendez-vous clients? Ça m’embête de te demander ça autant que ça m’a embêté de demander à X d’enlever son voile musulman pendant ses rendez-vous… »

Là je tombe un peu de 10 étages… déjà on compare un bijou à un symbole ostentatoire, ensuite je viens pour bosser dans une agence de com’ où t’es sensé pouvoir venir comme tu es, voir même pouvoir te démarquer par ton look (du moins c’est comme ça que je le vois…). Je postule pas pour un poste de réceptionniste en banque ou dans le milieu hospitalier. Ça m’ennuie, c’est peut-être qu’un piercing ou qu’un tatouage ou qu’une couleur de cheveux ; mais je fais clairement partie de ces personnes qu’on peut pas mettre dans des cases/en cage. J’ai toujours eu besoin d’exprimer ma personnalité à travers mon physique, de me distinguer des autre et c’est aussi pour ça que j’ai choisi le milieu de la communication. J’lui ai finalement répondu qu’à l’heure actuelle je traitais avec des chefs d’entreprises qui brassent des centaines de millions de CA et que ça les a jamais empêchés de signer mes devis.

Puis après tout, n’est-ce pas le rôle d’un patron que de protéger ses salariés contre la discrimination et le délit de faciès?

J’ai pas été retenue pour le poste. Ils ont préféré l’autre nana qui devait avoir un style plus classique peut-être…Sur le moment j’étais déçue, je me suis beaucoup remise en questions. Puis j’en ai parlé autour de moi et on m’a donné raison à 100%. Cette expérience n’a fait qu’augmenter ma rage de réussir. Je vais me lancer à mon compte, bosser avec des gens ouverts qui s’arrêtent pas à un trou au milieu du visage et qui sauront aller plus loin que ce qu’ils voient au premier abord.  »

The End.

Je pense que tout comme à moi, ce texte vous a mis des frissons, a provoqué un vent de révolte intérieur. Quand je l’ai lu j’avais les larmes aux yeux. Un mélange de tristesse et de haine. Il faut commencer / continuer à dénoncer.

« L’article L. 1221-6 du Code du travail stipule bien que les informations demandées lors d’un entretien d’embauche doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles »

Pour votre culture générale, je vous dépose juste ici des textes de loi à ce sujet (c’est un peu long mais c’est important). Sachez que vous pouvez changer les choses ! Il ne faut pas avoir peur de dénoncer !

Alors lors de votre prochain entretien, si on vous pose des questions qui selon vous n’ont aucun rapport avec les futures missions professionnelles, n’hésitez pas à remettre votre recruteur à sa place en lui rappelant qu’il est interdit de poser ces questions. Quitte à vous le mettre à dos.
Avez-vous vraiment envie de travailler pour quelqu’un comme ça ?

Je suis vraiment intéressée par vos expériences à ce sujet. Il est important d’en parler de ne plus jamais être MAL A L’AISE. N’hésitez pas à en parler en commentaire (ou en privé si vous ne voulez pas que ça soit public) !

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